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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Qui gouverne au Canada?
Ou quand les gens d’affaires dictent la politique étrangère canadienne dans la zone ALÉNA

 

Montréal \ Ottawa, 6 mars 2006 – Les 7 et 8 mars prochains, une délégation d’hommes d’affaires canadiens, tous membres du Canadian Council of Chief Executives (CCCE), une organisation composée des dirigeants de 150 des plus grandes entreprises canadiennes, se rend au Mexique afin d’y chercher de nouvelles occasions d’affaires, a-t-on appris dans un éditorial du 16 février 2006 de Reforma, un quotidien mexicain. Simple rencontre d’affaires, pourrait-on croire, si ce n’est que c’est ce même CCCE qui avait tracé l’ordre du jour de la rencontre Fox-Martin-Bush en mars 2005, au ranch de ce dernier au Texas.

C’est lors de cette rencontre, qui devait être informelle entre les trois hommes, que s’était signé le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP), alors qu’aucun d’entre eux n’avait de mandat de leur population pour ce faire. Par ce pacte, les trois amigos ont convenu d’approfondir l’ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain), alors qu’il s’agit d’un modèle qui est loin d’avoir rempli ses promesses, sauf pour les entreprises transnationales.

Au cours de leur mission, les hommes d’affaires canadiens au Mexique rencontreront, le 8 mars, sous la présidence d’honneur de Vicente Fox, d’imminents hommes d’affaires mexicains, dont M. Luis Téllez, un représentant du groupe Carlyle, un groupe basé à Washington qui, grâce à ses contacts dans les hauts-lieux de l’administration Bush, a réussi à se hisser depuis peu parmi les géants du complexe militaro-industriel étatsunien. Ceci n’est guère rassurant quand on sait d’une part que la militarisation des Amériques s’intensifie, et surtout qu’à la fin du mois de mars, à Cancun, doit se tenir un sommet Bush-Fox-Harper qui devrait porter principalement sur l’état d’avancement du Partenariat pour la sécurité et la prospérité. Dans ce contexte, la visite canadienne d’affaires les 7 et 8 mars prochains apparaît de plus en plus comme la rencontre préparatoire de celle de Cancun entre les chefs de gouvernement de la région ALÉNA.

Le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) et Common Frontiers sommes estomaqués de constater qu’au Parlement canadien, on ne s’inquiète pas davantage du contenu de ce Partenariat pour la sécurité et la prospérité qui est en train de lier l’avenir du Canada aux impératifs de Washington. Il est urgent que, dans un pays démocratique comme le nôtre, soient rendues publiques toutes les informations qui orientent et orienteront le développement de notre pays. En matière militaire et énergétique, les choix politiques seront-ils dictés par les gens d’affaires et les États-Unis? Comment peut-on accepter que le Parlement et l’ensemble de la population canadienne soient mis à l’écart de ce débat sur l’avenir du pays? Comment peut-on accepter que les transnationales dictent ainsi la politique canadienne?

Il est pour nous impératif que le gouvernement canadien fasse preuve de plus de transparence et dévoile ses intentions en regard de ce Partenariat, de façon à ce que puisse s’engager un débat informé et que la population puisse décider si le Canada doit s’y engager plus à fond ou non. Pour ce faire, les parlementaires doivent d’abord être informés et pouvoir se prononcer sur l’avenir du PSP, puisque c’est l’avenir du pays qui est en jeu.

Pour le RQIC et Common Frontiers, le PSP est, sur le front de la sécurité, une militarisation déguisée de l’espace nord-américain et, sur le front de la prospérité, le piètre calque du modèle de développement de l’ALÉNA, axé sur l’accroissement de la richesse de quelques uns au dépens de la majorité. À défaut de pouvoir en débattre sur la place publique, il faudra conclure qu’avec le Partenariat pour la sécurité et la prospérité, les gens d’affaires en sont arrivés à être ceux qui définissent les politiques de nos gouvernements. Est-ce cela que le premier ministre Harper appelle gouverner en étant davantage redevable à la population?

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Pour plus d’informations, contacter:
RQIC: Jacques Létourneau, tél. (514) 258-2031
André Leclerc, tél. (514) 383-8021 \ (514) 349 9864

Common Frontiers: Rick Arnold, tél. (905) 352-2430

RMALC, au Mexique: Alejandro Villamar, tél. (011-52) 55 8576 1766